Démarrer son entreprise sans business plan : les 3 mythes du lancement d'activité

Et si le plan d'affaires, souvent présenté comme incontournable dans la création d'entreprise, était un mythe? Que diriez-vous de créer votre business sans passer par cette case qui est souvent un frein au lancement d'activité?Rencontre avec Claude Ananou, professeur d'entrepreneuriat à HEC Montréal

A Montréal, le professeur Claude Ananou enseigne depuis de nombreuses années l'entrepreneuriat. Celui qui a créé une dizaine d'entreprises au cours de sa carrière, sur plusieurs continents, est un homme d'action. 

Claude sait de quoi il parle. Et il n'a pas sa langue en poche. Voilà quelque chose que nous partageons. De même que la vision que nous portons au plan d'affaires, le fameux business plan dont "on" (surtout ceux qui ne sont pas entrepreneurs) bassine les oreilles à tous les candidats entrepreneurs. Taillade de costard en règle des 3 arguments les plus courants - et faux - lorsqu'on veut entreprendre.

Cette vidéo expose les 3 mythes les plus courant du lancement d'activité.

1. J'ai besoin d'argent pour démarrer mon entreprise : FAUX

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"Les plus grands projets entrepreneuriaux n'ont jamais commencé avec beaucoup d'argent. Bien souvent, ils ont commencé dans un garage ou une chambre d'étudiant." (Claude Ananou)

Je peux en témoigner puisqu'en 2005-2006, j'ai lancé mon entreprise (je suis parti en affaires pour mes amis québécois) avec 500€.

Pour démarrer, je peux emprunter du matériel, faire du troc, utiliser la sous-traitance : autant de possibilité de limiter les investissements et éviter de "plomber" le compte bancaire d'une initiative qui démarre.

Si vous êtes dans le produit, les technologies d'aujourd'hui permettent de produire de petites quantités à des coûts très raisonnables et permettent d'éviter de devoir investir de l'argent qui dort dans un stock, par exemple.

L'argent est un faux problème : ce dont nous avons besoin, c'est de curiosité, d'ingéniosité et d'action pour aller au-delà du barrage apparent de l'argent et pour éviter le piège de l'excuse.

2. Je dois faire une étude de marché : FAUX

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"On ne prend pas des parts de marché, on crée son marché." (Claude Ananou)

Je peux en témoigner puisque j'ai commencé à gagner des clients lorsque, en 2006, j'ai brandi mon "plan d'action" à un conseiller qui l'a mis à la poubelle. Il l'a littéralement jeté à la corbeille. Et il m'a dit ceci : "Oublie ton dossier, rends-toi en ville et va voir des gens. Frappe à la porte des entreprises. Commence par trouver des gens qui sont prêts à acheter ce que tu veux leur vendre, tu affineras tes beaux plans après."

Les marchés évoluent tellement vite aujourd'hui que, bien souvent, le temps que l'étude de marché soit réalisée, ce dernier a bougé, changé, évolué.

Claude parle de "segmentuition" pour désigner la capacité de l'entrepreneur à fédérer un ensemble de personnes qui ont des besoins non comblés autour d'une offre qui répond à leurs envies et attentes. Et j'utilise beaucoup l'intuition de l'entrepreneur et les tests sur le terrain pour éviter les suppositions (une idée que j'ai dans ma tête et que je tourne et retourne sans la valider) et privilégier les hypothèses (une idée que je vais tester pour valider ou non sa viabilité).

L'étude de marché est un faux problème : ce dont nous avons besoin, c'est d'observation, d'intuition et de détermination dans le fait de croire en notre capacité à créer une offre qui est unique parce qu'elle repose sur l'assemblage de différents ingrédients qui nous sont propres (terrain de jeu, proposition de valeur, positionnement…) [regardez la vidéo pour des exemples]

3. J'ai besoin de faire un plan d'affaires avant de démarrer : FAUX

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"Faire un plan d'affaires, c'est une façon de mentir aux gens pour qu'ils vous croient dans votre non-certitude de ce que vous avancez." (Claude Ananou)

Si les plans d'affaire fonctionnaient, tous les investisseurs seraient gagnants à tous les coups et tous les business plan mèneraient à des entreprises à succès. Historiquement, le plan d'affaires a été créé par tout sauf les entrepreneurs : banquiers, professeurs, analystes…

Claude et moi recommandons de tester au plus vite l'idée, le concept, le prototype, sur le terrain. Les médias et réseaux sociaux aujourd'hui permettent de toucher des audiences intéressées par notre proposition de prestations, produits ou services, simplement.

La réalité est bien celle-là : le plan d'affaires est un corps étranger à l'entrepreneur qui démarre son activité.

BONUS. Pour entreprendre, je dois prendre des risques : FAUX

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"Le mot risque est un terme d'assurance, pas d'entrepreneuriat." (Claude Ananou)

La notion d'entreprendre dépend d'une personne à l'autre : l'ampleur du projet, le niveau de réussite recherché, la grandeur des investissements à consentir. Tout est variable. Ce qui sera évident, à portée ou inaccessible pour moi ne le sera pas nécessairement pour quelqu'un d'autre. Il s'agit donc plus d'une question de sensibilité que de risque.

Pour le même rapport de gain/perte, le fait de pousser sur le bouton "GO" dépendra de la personne concernée, sa perception et son contexte.

J'adore tirer sur les certitudes. Ce sont elles qui, souvent, sous couvert de vérités universelles et absolues, nous bloquent et nous freinent dans nos projets. Je leur préfère les convictions, personnelles et relatives (j'explique ces nuances dans mon livre "SIGNIFICATION - Raviver la flamme qui nous anime").

La bonne question à se poser est plutôt : qu'est-ce que je suis prêt à gagner ? qu'est-ce que je suis prêt à perdre ? La réponse à ces questions est intimement personnelle et subjective. Chaque cas est unique.

Alors, que faire maintenant ?

Si cet article vous parle, il vous reste la partie la plus importante : faire le premier pas, démarrer, passer à l'action et ajuster le tir en fonction de ce qui va se passer.

Pour vous aider, retrouvez :


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